Acqua Viva est une maison des Dominicaines Apostoliques de Belgique, animée en collaboration avec les frères dominicains du Vicariat Saint-Thomas d'Aquin en Belgique, rattachée à la Jeunesse Dominicaine Internationale (IDYM)


La maison accueille tout au long de l'année universitaire une quinzaine d'étudiant(e)s de différents pays, venus étudier à Bruxelles ou à Louvain, dans un climat favorisant l'étude, l'amitié et l'intelligence de la foi.

Enfin, Acqua Viva est un lieu de formation
et de discussion ouvert à tous, spécialement autour des questions philosophiques et théologiques (le GR, les Lundis soirs d'Acqua Viva, le Ciné-Club ...)

Mise à jour : 01/09/2011

Lettre aux amis d'Aqua Viva

Toussaint 2009,

Chers amis,


« Intériorité et Engagement », voici le thème retenu pour la nouvelle année universitaire dans notre maison d’Aqua Viva. Pour la 5e année consécutive, la maison accueille une quinzaine d’étudiantes, pour vivre en communion avec les soeurs, le temps des études. La plupart d’entre eux (elles) étudient à l’UCL, dans les cursus médicaux ou paramédicaux. Mais quelques uns ont fait le choix de Bruxelles pour la qualité de l’enseignement en économie et en science politique, et bénéficieront ainsi de la proximité des institutions européennes. Bruxelles, capitale de l’Europe !

5 ans déjà … ! 43 étudiants ont été accueillis. Ils et elles venaient de Belgique, de France, d’Espagne, des Etats‐Unis, du Cameroun, du Rwanda, de Sierra Léone, d’Equateur, de Bulgarie et même d’Iran… pour des séjours de 10 mois le plus souvent ou des séjours plus courts d’un à trois mois. Cette année, 8 étudiantes entament leur 4e année dans la maison.

La maison n’a pas pris une ride, bien au contraire. Progressivement, elle s’est transformée pour devenir toujours plus joyeuse. La chapelle a été repeinte et décorée dans un esprit ‘Art Contemporain’ et un beau portait de Saint Dominique par Matisse rappelle à tous et à chacun où bat le coeur de la maison : dans la mission !

Les chambres ont été refaites, au fil des ans, et nous avons pu compter sur la générosité de nos frères et de nos amis, pour donner de solides coups de main ! La grande salle à manger s’est agrémentée d’un « bar » maison et d’un « salon marocain » propices aux discussions, à la convivialité et aux invitations. Lieu de rencontre pour des jeunes souvent bousculés dans la journée, chacun peut se poser et se re‐ poser. La maison est donc un lieu de vie, un lieu calme aussi. Nous tâchons de communiquer, discrètement, l’esprit qui est le nôtre : l’attachement et la ténacité dans l’étude mais aussi cette simple joie de vivre, au quotidien. La vie en commun, loin des théories, nous apprend, étudiantes comme religieuses, à accueillir ce qui vient, sans chercher à tout contrôler. Le quotidien, c’est la prière partagée, avec le temps fort du lundi soir, et son Eucharistie ; c’est la table commune après l’Eucharistie ; ce sont des invitations et des invités !

Plusieurs « Grands Témoins » sont venus parler d’une expérience dense de leur existence : Dorothée et son travail auprès des jeunes délinquants en banlieue parisienne ; Henri et son regard sur la crise économique (qui battait alors son plein), nous aidant sans moralisme à nous situer comme chrétiens face à l’argent ; Philippine et son année de volontariat en Colombie ; Frère Patrick, son engagement d’aumônier de prisons …Ce fut également une veillée dans l’esprit de Noël durant l’Avent dernier, avec une heure de prière méditée, une Eucharistie et un buffet ; une nuit de prière durant le Carême où, à quelques heures de l’entrée dans le mystère pascal, chacun a pu faire l’expérience de veiller une heure, au cœur de la nuit, au coeur de la ville, se relayant ainsi jusqu’au petit matin pour partager alors ensemble le petit déjeuner…Ce fut enfin des temps de formation, un séminaire mensuel de bioéthique construit sur la pratique de chacun de ces jeunes à l’hôpital, à la maternité, dans les stages. Confronté sans cesse à la mort, comment être témoin d’un désir et d’une culture de la vie ? Quelle anthropologie peut soutenir nos efforts et nos réflexions ? Comment trouver des repères ? Où serait la vérité ? Les questions sont restées ouvertes, elles ont eu le mérite d’être posées, à l’aune de l’expérience.

Et puis…certains moments se démarquent du quotidien !

A Pâques dernier, en partenariat avec les frères OP, nous avons rassemblé une vingtaine de jeunes frères, sœurs et laïcs dominicains, venus des 4 coins d’Europe (Espagne, France, Belgique, Allemagne, Royaume‐ Uni, Pologne) : « Jeunes et Dominicains en Europe »…Ce furent quelques jours de rencontre intense, d’une rare fraternité et qui auront marqué. Le fil ‐ rouge était la rencontre de ceux et celles qui oeuvrent pour le bien commun dans les Institutions européennes pour enVisager autrement notre Europe : des politiques, des acteurs engagés dans les ONG, des dirigeants des institutions UE. Et qui dit rencontre dit réciprocité. Les échanges furent denses, les questions précises et de part et d’autre, il y a eu de la reconnaissance. Ces rencontres contiennent une promesse que la plupart des participants ont bien perçue : il y a une place pour nous dans la construction de la société. Religieux, religieuses, jeunes chrétiens, nos choix de vie ne nous marginalisent pas mais nous placent au coeur de l’action, avec tout ce que nous sommes, notre potentiel de vie comme notre tradition intellectuelle et humaine. « Jeunes et dominicains en Europe » : nous sommes appelés à travailler et à oeuvrer ensemble. Et nous savons bien, nous le pressentons, que c’est l’oeuvre commune qui fait grandir l’amitié.

Pour finir, il reste à vous inviter, à venir passer un moment avec nous…et nous aussi, nous serons heureux, là où vous êtes, d’aller vous rencontrer.